Sony a présenté le SmartBand SWR10 lors du CES 2014, en janvier dernier. Il s’agit du premier coach électronique de la firme, et il aura fallu attendre la fin du mois de mars pour pouvoir en profiter. Orange Business a confié plusieurs exemplaires à notre rédaction. Le moment est donc venu de dresser un rapide bilan de l’aventure.

Ce début d’année a été marquée par l’arrivée de plusieurs mastodontes sur le secteur du « Quantified Self ». Samsung a son Gear Fit, LG a son Lifeband Touch et Sony a donc son SmartBand SWR10. Est-ce que ce dernier sera suffisant pour contrer Fitbit, Nike ou même Withings ? Difficile à dire, mais le bougre ne manque pas d’atouts pour parvenir à ses fins.

Caractéristiques & Packaging

Le SmartBand SWR10 se compose d’un module (le Core) et d’un bracelet en silicone.

L’appareil est dépourvu d’écran et il ne sera ainsi pas en mesure d’afficher de quelconques informations. Sony a cependant intégré trois LED de notification faisant office de repères. Par leur entremise, il est ainsi possible de savoir si l’appareil est configuré en mode jour, ou en mode nuit. Ce point sera évoqué plus en détails un peu plus bas dans cet article.

Sous le capot, nous allons trouver un processeur ARM Cortex-M0 capable de gérer des instructions en 32-bit, 16 kB de mémoire vive et 256 kB d’espace de stockage au format flash. L’appareil embarque également une puce Bluetooth 4.0 Low Energy et une puce NFC. Il suffira de le placer contre notre smartphone pour les coupler l’un à l’autre.

Le SmartBand SWR10 intègre un vibreur et c’est précisément ce qui lui permettra de nous réveiller le matin, ou même de nous prévenir en cas d’appels entrants, ou autres.

Pour l’autonomie, il sera possible de compter sur une batterie de 35 mAh capable de charger en une heure grâce au port Micro USB embarqué. Le SWR10 pourra tenir environ cinq jours avec une seule recharge.

L’appareil profite d’un traitement en IP58. Si l’on en croit la Wikipédia, il est donc protégé contre les poussière, et il peut parfaitement survivre aux éclaboussures et à d’éventuelles immersions. Attention cependant car il ne devra pas descendre à plus d’un mètre de profondeur, pour une durée de trente minutes au maximum.

Le boitier du module est assez compact (40,7 x 15,3 x 7,8 mm) pour un poids n’excédant par les 6 grammes. Le bracelet mesure pour sa part 250 mm pour le modèle le plus grand, ou 214 mm pour le plus petit. Dans les deux cas, leur poids se limite à 21 grammes, avec le module.

Le SmartBand est compatible avec les terminaux fonctionnant sous Android 4.4 et intégrant une puce Bluetooth 4.0. Selon le site du constructeur, il supporte ainsi le Xperia Z2le Xperia Z1, le Xperia Z1 Compactle Xperia Z Ultrale Nexus 5le Nexus 4le Galaxy Note 3, le Galaxy S4le HTC One et le HTC One (2014). Pour ce test, je me suis uniquement appuyé sur le Xperia Z2.

Il est actuellement proposé à 99 euros. Dans la boite, vous trouverez le module, bien sûr, mais également les deux bracelets évoqués plus haut.

En résumé :

Fiche Technique
Nom Description
Processeur ARM Cortex-Mo 32-bit
Mémoire vive 16 kB
Stockage 256 kB
Connectivité Bluetooth 4.0 LE
Compatibilité Android 4.4 au minimum
Batterie 35 mAh
Autonomie 5 jours
Traitement IP58
Dimensions et Poids 40,7 x 15,3 x 7,8 mm, 6 grammes
Prix 99€

Envie d’en voir plus ? Voici une vidéo de déballage tournée par Yohann.

Sony SmartBand SWR10 : photo 2
Un packaging soigné… et coloré.
Sony SmartBand SWR10 : photo 3
Le module (Core) avec le plus large des deux bracelets fournis dans la boite.

Design & Ergonomie

Comme évoqué un peu plus haut, le SmartBand SWR1 repose sur deux éléments distincts : un module et un bracelet en silicone épais. Il est évidemment difficile de ne pas penser au Vivofit de Garmin (testé ici) puisqu’il en reprend le principe.

L’avantage de cette configuration, c’est qu’il sera parfaitement possible de changer de bracelet à la volée. A la base, Sony ne compte que deux tailles à son catalogue, mais elles se déclinent en plusieurs coloris, variant en fonction des marchés. Le constructeur propose même des packs regroupant trois versions différentes, des packs facturés une trentaine d’euros chacun.

En outre, de nouveaux accessoires ne devraient pas tarder à voir le jour. Un module additionnel regroupant un capteur et un objectif a même été présenté à l’occasion du Mobile World Congress de Barcelone, un module capable de transformer le Core en un appareil photo d’appoint. Attention cependant car il ne s’agissait que d’un simple prototype, et on ne sait donc pas si cet appareil sera effectivement commercialisé, ou pas.

Le SmartBand SWR10 va droit à l’essentiel et il ne comporte ainsi qu’un seul bouton, placé dans le prolongement de ses trois LED. Par son entremise, il sera possible de déterminer le statut du dispositif, mais aussi de basculer du mode jour au mode nuit et inversement.

Le port Micro USB se situe pour sa part sur la tranche gauche de l’appareil. Il ne sert qu’à recharger l’appareil. La synchronisation avec le téléphone s’appuiera sur la puce Bluetooth embarquée. Au dos du capteur, on retrouvera simplement le logo du constructeur.

Comme indiqué un peu plus haut, le SmartBand SWR10 est livré avec deux bracelets : un pour les hommesun autre pour les femmes. Le premier est à la fois épais et large tandis que l’autre est un peu plus fin. Dans les deux cas, on retrouve exactement les mêmes matériaux et Sony a ainsi opté pour du silicone souple, et strié.

Une fois en place, le SmartBand est relativement imposant, beaucoup plus que le Shine de Misfit lorsqu’il est lui aussi monté sur son bracelet. Très léger, il n’a cependant aucun mal à se faire oublier. Je le porte jours et nuits, sans ressentir aucune gêne particulière.

Le fermoir du bracelet se présente sous la forme d’un macaron doté de deux picots. Il n’y en a qu’un seul dans la boite et il faudra ainsi récupérer celui du premier bracelet pour fermer le second. Le fabricant aurait pu faire un effort sur ce point.

Quoi qu’il en soit, ce dernier remplit très bien son office, le bracelet ne s’est pas décroché une seule fois durant ces deux semaines de test.

Sony SmartBand SWR10 : photo 5
Le SmartBand SWR10 une fois en place, autour de mon poignet gauche.
Sony SmartBand SWR10 : photo 4
Le Core et les deux bracelets vendus avec, tous sur la même image.

Fonctions

Si le SmartBand SWR10 ne comporte pas d’écran, il n’est pas dépourvu de fonctions pour autant. Loin de là même, puisqu’il est parfaitement possible de changer son statut ou de piloter notre téléphone à distance en s’appuyant sur le petit module. Mieux, il faudra aussi compter sur un système de marque-page bien pensé, pour mettre en exergue un événement important de notre vie.

Le meilleur reste à venir car toutes ces fonctions seront accessibles depuis l’unique bouton du dispositif.

Les fonctions simples :

En appuyant une fois sur ce dernier, nous déclencherons une séquence au niveau des LED. Elle nous permettra de savoir si le SmartBand SWR10 est en mode jour, ou en mode nuit.

Dans le premier cas, l’appareil enregistra chaque mouvement pour déterminer le nombre de pas parcourus, notre activité et le nombre de calories brûlées, l’idée étant de nous permettre de suivre le moindre effort. Dans le second, et bien c’est la qualité de notre sommeil qui se trouvera au centre de ses préoccupations. Cette fois, nos mouvements lui permettront de distinguer les différentes phases de notre repos et de faire la différence entre le sommeil profond et le sommeil léger.

A la base, le Core basculera tout seul d’un mode à l’autre. Il suffira de le paramétrer en passant par son application. Toutefois, nous pourrons aussi changer manuellement de mode en appuyant pendant quelques secondes sur son bouton. C’est finalement la solution que retiendront les utilisateurs puisque peu de gens se couchent / lèvent systématiquement à la même heure.

Sony aurait pu en rester là mais la firme a également fait en sorte que son appareil soit en mesure de nous notifier en cas d’appels entrants, ou même lorsque nous recevons un courrier électronique, une mention ou un message privé. Comment ? Grâce au vibreur intégré. La cerise sur le gâteau, c’est que l’utilisateur choisira les applications autorisées à faire vibrer le bracelet.

Il faudra simplement passer par les paramètres du SmartBand pour mettre en place cette solution. En passant par ces fameuses options, il sera aussi possible d’activer un système d’alertes intelligentes, le vibreur se déclenchant alors lorsque nous nous éloignons de notre smartphone… ou lorsqu’il s’éloigne de nous.

Les fonctions avancées :

La liste commence à s’allonger, mais nous sommes loin d’avoir fini.

Le SmartBand peut effectivement faire office de télécommande et nous permettre de contrôler notre smartphone du bout des doigts.

N’imaginez cependant pas pouvoir piloter toutes ses applications parce que ce n’est pas du tout le cas. Il faudra en réalité choisir un outil, et un seul. Comment ? En passant par les options de configuration du bracelet, bien sûr. Lorsque ce sera fait, nous n’aurons plus qu’à appuyer une fois sur le bouton du Core et tapoter dessus pour lancer une commande, ou une autre.

Que fera-t-on avec ? Pas mal de choses, comme lancer l’application en charge de la captures de photos, ou même prendre la main sur le lecteur multimédia et mettre ainsi la lecture en pause ou encore changer de piste sans avoir besoin de poser les doigts sur notre téléphone.

Seule ombre au tableau, le choix des applications est assez limité pour le moment. Spotify ne propose pas encore d’extension pour le SmartBand, et il en va de même pour Deezer et pour tous les services du même genre. Ceci étant, il y a de grandes chances que la liste s’enrichisse dans les semaines et dans les mois qui viennent.

Le moment est venu de passer à ma fonction préférée : les alarmes. Comme beaucoup de coachs électroniques, le SWR10 est parfaitement capable de nous réveiller à l’heure de notre choix. Il suffit de paramétrer un ou plusieurs créneaux en passant par son application.

Des créneaux ? Contrairement au réveil de votre smartphone, ou même à votre radio-réveil habituel, le SmartBand s’appuiera sur les données capturées en temps réel pour déterminer le meilleur moment pour nous réveiller.

Il n’est pas le premier à proposer ce type de fonctionnalité, bien sûr, mais il marche vraiment bien et sachez que j’ai beaucoup moins de mal à sortir du lit depuis que le bracelet est attaché à mon poignet.

Et puis, enfin, il y a le système de signets propre à Lifelog. Pour créer un nouveau favori, et pour immortaliser ce que nous sommes en train de faire, nous n’aurons qu’à appuyer deux fois sur le bouton du Core. Un repère sera alors ajouté à la chronologie de l’application.

Sony SmartBand SWR10 : photo 7
Le raccourci de l’application Lifelog.
Sony SmartBand SWR10 : photo 6
Le SmartBand SWR10, vu de l’autre côté, avec son fermoir.

Configuration & Lifelog

Après avoir allumé le SmartBand SWR10, le bracelet commencera à enregistrer quelques données. Il faudra cependant le connecter à notre smartphone ou à notre tablette tactile pour profiter de toutes ses fonctionnalités.

L’opération est nette, rapide et sans douleur grâce à la puce NFC intégrée au Core. Il suffira ainsi de placer le module contre notre téléphone ou notre ardoise pour qu’ils commencent à communiquer l’un avec l’autre. Sinon, il faudra nous rabattre sur la puce Bluetooth.

Une fois que tout est en place, le moment est venu de passer aux choses sérieuses.

Configurer le SWR10

Lorsque le bracelet sera connecté à notre terminal, nous verrons apparaître une icône le symbolisant dans la barre d’état d’Android. Il suffira d’effectuer un balayage du haut vers le bas pour afficher le centre de notifications et obtenir ainsi davantage d’informations à son sujet, comme le mode actif ou encore l’état de la batterie et des alarmes.

En tapant une fois sur le nom du bracelet, nous ouvrirons un écran constitué de plusieurs éléments. Dans la partie haute, nous aurons un visuel du dispositif avec le niveau de charge. Plus bas, trois boutons : un pour accéder aux réglages du capteur, un autre pour accéder à Lifelog, un dernier pour ouvrir le guide d’utilisateur. L’interface est plutôt simple, et dépouillée.

Même chose pour les réglages, avec des options qui apparaissent en enfilade. En quelques secondes, nous pourrons activer ou désactiver le mode nuit automatique, activer ou désactiver les notifications, choisir les applications aptes à émettre des alertes, régler les réveils intelligents, activer ou désactiver le report des alarmes du terminal associé sur le bracelet, activer ou désactiver l’alerte hors de portée et activer ou désactiver les notifications des appels entrants.

Si besoin est, et comme évoqué plus haut, il sera également possible d’associer une application au SmartBand SWR10, pour la piloter directement depuis le bracelet.

Je ne vais pas trop rentrer dans les détails puisque la configuration du SWR10 sera très prochainement abordée en long, en large et en travers dans un tutoriel complet.

Utiliser Lifelog

Toutes les données capturées par l’entremise du bracelet sont accessibles depuis Lifelog. Attention cependant car ce dernier ne se contente pas d’afficher le nombre de pas parcourus, le nombre de calories brûlées ou même le nombre d’heures passées à dormir. En réalité, l’application va consigner tout ce que nous faisons avec notre terminal, et aussi le moindre de nos déplacements.

Lifelog se structure autour de deux zones distinctes : une chronologie en haut, et un tableau de bord en bas.

La chronologie nous aidera à visualiser tout ce que nous avons fait depuis que nous avons sorti le SmartBand SWR10 de sa boite. Comme les photos prises avec notre terminal, le temps passé sur Twitter, le temps passé sur Facebook, le temps passé sur Spotify, le temps passé sur Feedly, le temps passé sur nos jeux préférés et ainsi de suite.

Au dessus de cette zone, nous trouverons trois boutons pour lancer la « lecture » de la journée, et donc le défilement automatique de toutes nos activités, pour ajouter un signet ou pour accéder aux paramètres du dispositif. Deux autres boutons figurent sous la chronologie. Ils nous permettront de charger les données du jour de notre choix, ou d’accéder à une carte interactive.

Réalisée grâce à l’API de Google Maps, cette dernière fonctionne vraiment très bien. Elle fera apparaître tous les déplacements effectués dans la journée, et donc tous les endroits où nous nous sommes rendus.

Le tableau de bord, lui, se compose de plusieurs tuiles colorées correspondant à différentes données, ou à différents usages. Elles ne se limitent pas au « Quantified Self ».

Si le nombre de calories brûlées ou le nombre de pas parcourus apparaissent très clairement dans la liste, cette dernière nous renverra également le nombre de signets enregistrés, la durée de nos balades à pied, la durée de nos séances de footing, la durée de notre sommeil, le nombre de photos capturées, le temps passé à écouter de la musique, le temps passé à regarder des vidéos, le temps passé à jouer, le temps passé à bouquiner ou même le temps passé à écumer la toile.

Envie d’en savoir un peu plus ? Pas de problème, il suffira de taper sur une des tuiles pour accéder à tout le détail, et à un magnifique graphique en prime. Nous trouverons plusieurs onglets au dessus de ce dernier pour accéder à l’historique journalier, hebdomadaire, mensuel ou annuel.

Là encore, un tutoriel sera publié dans les jours qui viennent, donc je vais m’arrêter là.

Sony SmartBand SWR10 : photo 8
L’écran d’accueil de Lifelog. Très coloré.
Sony SmartBand SWR10 : photo 9
Toujours l’écran d’accueil de Lifelog, avec un plan plus rapproché cette fois. Chaque tuile renvoie vers des données et vers des graphiques.

En Conclusion

Le SmartBand SWR10 est-il un bon produit ? Oui, assurément. Sa grande force, c’est qu’il ne se limite pas aux activités sportives. Contrairement à la plupart de ses concurrents, il se présente finalement comme un compagnon de vie qui nous permettra de prendre du recul sur notre quotidien.

Alors bien sûr, les fervents défenseurs des libertés individuelles ne manqueront sans doute pas de pointer un index rageur vers Sony en invoquant le nom de George Orwell à tout va. De George, et plus précisément d’une de ses plus grandes oeuvres.

Ils n’auront pas forcément tort, mais le constructeur n’est pas vraiment à blâmer. Les données affichées par Lifelog proviennent en partie de son bracelet, c’est vrai, mais également de la plateforme mobile animant notre terminal.

Sachez tout de même que toutes les données collectées par l’entremise du capteur transitent par les serveurs du géant japonais. Elles pourront même être analysées et décortiquées par ses soins, à des fins statistiques.

Durant mes tests, j’ai parfois constaté quelques approximations concernant la durée de certaines activités. La dernière mise à jour déployée par Sony semble néanmoins avoir corrigé une partie de ces dysfonctionnements, du moins pour certaines applications.

Seule ombre au tableau, le SmartBand SWR10 n’est pas encore capable de comprendre les activités sportives annexes comme le vélo, la nage, le tennis ou même le golf. Sony devrait cependant rapidement corriger le tir au travers de futures mises à jour logicielles. Même chose pour la saisie d’activités manuelles, qui fait cruellement défaut au dispositif ou, plutôt, à son application.

Frédéric Pereira

Frédéric Pereira

Éditeur en chef
Blogueur depuis 2007 sur la Fredzone, Fred est avant tout un passionné de numérique qui adore partager ses découvertes avec les autres.

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