Le dernier IFA a été très mouvementé. Les principaux constructeurs du marché ont effectivement profité du célèbre salon berlinois pour présenter leurs derniers terminaux nomades et leurs derniers objets connectés.

Samsung a dévoilé coup sur coup deux nouvelle phablettes et un casque à réalité virtuelle pensé pour fonctionner avec le Galaxy Note 4.

Son nom ? Le Gear VR, et j’ai justement eu l’occasion de poser les mains dessus la semaine dernière. Le moment est donc venu de vous faire part de mes premières impressions à son sujet.

Principe de Fonctionnement

La première chose à savoir, au sujet de ce casque, c’est qu’il ne peut pas fonctionner tout seul et il a ainsi été pensé pour être associé au Galaxy Note 4. C’est donc le terminal qui va s’occuper de tout, et plus précisément du calcul et de l’affichage.

Autrement dit, le Gear VR est uniquement compatible avec la dernière phablette de Samsung. Il ne fonctionnera donc pas avec les téléphones des autres constructeurs, ni même avec le reste de la flotte du géant sud-coréen. N’espérez donc pas recycler votre Galaxy S5 ou même votre Galaxy Note 3 pour profiter de ses bienfaits.

Limitant, non ? Certes, mais ce n’est pas la première fois que Samsung procède de la sorte et tout le monde se souviendra sans doute du lancement de la première Gear.

Samsung Gear VR : photo 1

Design & Ergonomie

Le Gear VR est entièrement fait de plastique, mais ses finitions sont exemplaires. Le casque est joli à regarder, il rappelle beaucoup l’Oculus Rift (pas très étonnant) et il donne une impression de fiabilité. Je pense notamment au système d’attache qui maintiendra fermement le Note 4 en place lorsqu’il sera placé dans le casque.

Ma plus grande crainte, c’était que le poids de la structure et du téléphone rende la solution inconfortable, mais ce n’est pas du tout le cas. En réalité, le casque est très léger et Samsung a eu l’intelligence de placer de la mousse à l’intérieur. Il se fait donc rapidement oublier et c’est un plus indéniable puisque cela favorise l’immersion de l’utilisateur.

Le système de fixation repose sur des arceaux recouverts de mousse. Ils sont eux aussi très confortables, et ils maintiendront le casque en place en toute occasion, même en cas de mouvements brusques.

Sur le côté droit du casque, nous allons trouver une zone tactile surmontée d’un bouton physique. Il s’agit de son système de navigation et ce sont donc ces éléments qui nous permettront de piloter l’application développée par Samsung. Enfin ça, et les mouvements de notre tête car nos yeux feront finalement office de pointeur.

Deux lentilles sont intégrées à l’intérieur du casque. Avec une molette sur le dessus pour régler leur position. Grâce à ces éléments, l’utilisateur pourra régler le Gear VR à sa vue. Attention cependant car ces lentilles ne remplaceront pas le verre de vos lunettes.

La bonne nouvelle, c’est que le casque de Samsung peut être utilisé avec une paire de verres correcteurs… à la condition expresse que leur monture ne soit pas trop grande et trop large. Si vous avez des lunettes façon années 70, alors vous risquez malheureusement de ne pas pouvoir les utiliser avec le Gear VR.

Le Gear VR n’embarque pas d’écouteurs ou de hauts-parleurs. Le son est donc délivré par le Note 4. Conséquence directe, tout le monde pourra entendre ce que vous êtes en train de faire. Fort heureusement, nous n’aurons qu’à connecter une paire d’écouteurs Bluetooth à notre téléphone pour corriger le tir.

Samsung Gear VR : photo 3 Samsung Gear VR : photo 2

Écosystème & Application

Comme indiqué un peu plus haut, tous les calculs passent par le Galaxy Note 4 inséré dans le Gear VR et c’est aussi lui qui se charge de l’affichage des différentes composantes de l’écosystème imaginé par Samsung.

La navigation au sein de ces éléments s’appuie sur les mouvements de la tête de l’utilisateur et sur la zone tactile évoquée un peu plus haut. Cette dernière est capable de reconnaître plusieurs gestes différents. Pour sélectionner quelque chose, il suffira d’une simple tape. Nous pourrons aussi faire glisser le doigt vers l’avant ou vers l’arrière pour naviguer au sein des différents écrans d’accueil de la solution embarquée.

Besoin de revenir en arrière ? Aucun problème, il suffira de presser le bouton physique placé sur la tranche droite du casque.

La plateforme imaginée par Samsung et Oculus VR fait la part belle aux effets en trois dimensions. Chaque application et chaque expérience se présente sous la forme d’une tuile et l’interface est vraiment très soignée, avec de jolis titrages et de nombreuses animations. La navigation au sein des menus est relativement intuitive, mais un temps d’adaptation est nécessaire pour s’y retrouver.

Faute de temps, je n’ai pas pu tester toutes les expériences imaginées par le constructeur. Je ne peux donc parler que de celles que j’ai expérimentées.

  • 360 Photos : L’immersion est satisfaisante, et on a vraiment la sensation de rentrer dans les images. Dommage en revanche qu’elles soient figées (aucune animation), l’expérience perd du coup beaucoup de son intérêt.
  • 360 Vidéos : Peut-être bien l’expérience qui m’a le plus bluffé. L’immersion est totale, et on rentre carrément dans le clip. On se surprend à regarder de toute part pour profiter au mieux de l’aventure.
  • Oculus Cinéma : Cette fois, je me suis retrouvé dans un cinéma (virtuel, forcément), en train de regarder des bandes-annonces. Le résultat est plutôt amusant, mais pas inoubliable. Je me verrais mal regarder tout un film avec cette solution.
  • Et un shooter en prime : Cette expérience s’est révélée assez décevante. Il fallait contrôler un vaisseau spatial à l’aide de notre tête, et tirer sur des ennemis en tapotant sur le pavé tactile du casque. Une configuration loin d’être évidente. J’aurais préféré jouer à la manette mais cela n’a malheureusement pas été possible faute de temps.

L’essai a duré une demie heure environ. Je n’ai eu ni nausées, ni vertiges. En revanche, j’ai été confronté à un problème de… buée au niveau des lentilles. Il a donc fallu faire une ou deux pauses pour les nettoyer. Plutôt agaçant, mais je ne pense pas que cela vienne du système, j’ai toujours eu tendance à dégager beaucoup de chaleur. Mettez moi dans une voiture en hiver, et vous ne verrez plus grand chose.

Alors sûr, pour que ces expériences soient immersives, il faut un écran en mesure d’afficher les graphismes les plus fins possible.

En la matière, le Galaxy Note 4 s’en sort avec tous les honneurs. Les graphismes sont fins et détaillés mais tout n’est pas parfait pour autant et le gros problème, finalement, c’est que la trame de l’écran reste visible en permanence. C’est vraiment dommage. Même chose pour le champ de vision qui reste malheureusement limité.

Samsung Gear VR : photo 4 Samsung Gear VR : photo 5

En Conclusion

Le Gear VR est un bon produit, c’est un fait. J’ai beaucoup accroché à son design et je l’ai trouvé très confortable à utiliser. Toutes les expériences mises en avant par Samsung ne se valent pas, mais il y a tout de même de véritables petites pépites dans le lot. Je pense notamment à celle qui m’a plongé dans un banc de baleines. Là, je me suis pris une vraie claque.

Le principal défaut de la solution, finalement, c’est qu’elle n’est compatible qu’avec un seul téléphone. Ce qui s’explique assez aisément d’ailleurs : aucun autre terminal de la firme n’est doté d’une telle diagonale et d’une telle définition. Du moins pas pour l’instant.

Mais la vraie question, finalement, c’est de savoir si le Gear VR peut être utile au quotidien. Et là, en toute franchise, j’ai de sérieux doutes. Pas parce que le produit n’est pas bon, plutôt parce que la réalité virtuelle n’est pas encore rentrée dans les moeurs. Je peux me tromper mais je pense qu’il faudra attendre encore plusieurs années avant qu’elle ne s’installe sur le marché.

Et on en vient au coeur du problème. Pour le moment, il existe peu d’applications dans la boutique tenue par Oculus VR. Au bout d’un moment, on risque donc de tourner en rond… et de s’ennuyer. Si Samsung veut imposer son casque sur le marché, il va donc devoir faire en sorte de séduire les développeurs et les éditeurs.

Mots-clés : Gear VRSamsung
Frédéric Pereira

Frédéric Pereira

Éditeur en chef
Blogueur depuis 2007 sur la Fredzone, Fred est avant tout un passionné de numérique qui adore partager ses découvertes avec les autres.

2 commentaires

  1. Le coup de la compatibilité est quand même un énorme point noir ! Cependant on ne peut pas reprocher à Samsung de ne pas tenter des trucs. Au début des montres connectées ils étaient dans les premiers à en commercialiser et même s’ils se plantent un peu au début ils peuvent lancer une v2 plus aboutie au moment où les autres marques lancent leur v1. Et ça peut faire la différence 😉

  2. Je suis assez d’accord mais tout le problème est là en fin de compte. Les gens de vont pas acheter le Gear VR, et ils vont attendre le Gear VR 2. En attendant, Samsung a investi des millions pour développer le premier casque, quitte à sabrer ses résultats financiers. Pas sûr que l’opération soit très rentable en fin de compte.

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