Ça y est, après avoir vu en précision ce qu’était le Raspberry Pi, vous avez craqué et acheté le vôtre ? Il est donc maintenant temps d’en faire quelque chose et, quel que soit le projet pour lequel vous destinez la bête, il y a une chose à laquelle vous ne couperez pas : l’installation d’un système d’exploitation. Et si vous ne savez pas comment faire, ça tombe bien, puisque vous êtes au bon endroit et ce, que vous ayez fait l’acquisition d’un modèle A, B, ou B+, et surtout que vous soyez sous Linux, Mac OS, ou Windows !

Choisir sa distribution

Il n’existe pas qu’un seul système d’exploitation pour le Raspberry Pi. Il en existe même un certain nombre, plus ou moins stables, et surtout plus ou moins sérieux. Pour vous aider à faire le tri, le site officiel du projet Raspberry Pi a consacré une page entière à quelques distributions disponibles.

Cette liste est loin d’être exhaustive et ne contient ainsi pas tous les projets de distributions qui ont pu voir le jour pour le petit ordinateur. Ainsi, vous pouvez très bien trouver d’autres distributions tout aussi sérieuses à d’autres endroits. Cependant, si vous ne savez pas par où commencer, cette page peut être un bon point de départ.

Dans ce tutoriel, je vous guiderai pas à pas sur l’installation d’une distribution. Je prendrai pour cela l’exemple de Raspbian, qui est sûrement la distribution la plus connue à l’heure actuelle. Elle est basée sur le système Debian et a été optimisée pour le Raspberry Pi.

Gardez bien à l’esprit que Raspbian n’est utilisée ici qu’à titre d’exemple : c’est celle que j’installerai moi-même au long de ce tutoriel. Cependant, la marche à suivre est la même pour toutes les autres, donc il n’y aura rien de particulier à adapter, si de n’est les noms des fichiers. Elle est pas belle la vie ?

La toute première étape de l’installation consiste donc à télécharger une image d’un système. Par exemple, en téléchargeant Raspbian, vous obtiendrez un fichier dont le nom ressemble à 2014-06-20-wheezy-raspbian.img.

La carte SD

Avant de commencer à diverger en fonction du système d’exploitation que vous utilisez actuellement (celui qui vous servira à en installer un autre sur le Raspberry Pi, ne vous perdez pas !), on commence par une base commune à tous : le choix du support de stockage.

En effet, le Raspberry Pi n’a aucun disque dur intégré, donc il vous faudra de quoi stocker les données du système quelque part. La méthode la plus commode pour cela est l’utilisation d’une carte SD, le Raspberry Pi ayant un port dédié (et même un port de cartes microSD pour le modèle B+). C’est celle que nous choisirons ici.

Reste à savoir quelle carte SD utiliser, car il en existe un bon nombre de différentes, de ces petites bestioles !

En ce qui concerne le taille à choisir, elle dépendra bien évidemment du système que vous souhaitez installer et surtout de ce que vous comptez installer dessus par la suite. Généralement, 8 Go suffisent amplement à tout stocker et permettent d’être tranquille. Pour le stockage de données telles que des films dans le cas d’un media center, il est plus conseillé de passer par un disque dur externe que par une grosse carte SD.

Carte SD

Préférez une carte SD de classe 10 pour permettre un échange rapide des données et ainsi éviter au maximum les lags. Des cartes SD de classe 10 de 8 Go peuvent être trouvées très facilement pour moins de 10€, un peu partout.

Chose importante à laquelle on ne pense pas forcément : le Raspberry Pi possède un port de cartes SD, c’est bien, mais qu’en est-il de votre ordinateur habituel ? Pensez bien qu’il vous faudra de quoi lire une carte SD sur celui-ci. Si vous ne possédez pas de lecteur de cartes SD sur votre ordinateur, il vous en faudra un…

Prêts ? Alors on passe aux choses sérieuses ! Notez que vous pouvez sauter directement à la partie qui vous intéresse, puisqu’elles sont indépendantes. Quoiqu’il arrive, on se retrouve tous à la dernière partie.

Installer un système sur le Raspberry Pi sous Linux

Nous allons commencer par retrouver le nom de votre carte SD, celui qui sera utilisé pour écrire dessus. Nous ferons ça le plus simplement du monde en tapant la commande df -h qui aura pour effet de lister tous les périphériques montés sur votre système. Insérez ensuite la carte SD dans votre ordinateur et relancez la même commande : la ligne qui aura été ajoutée correspond à votre carte SD.

Repérez donc son nom qui devrait être quelque chose comme /dev/sdd1 ou /dev/mmcblk0p1. Il se peut que plusieurs noms de ce type soient apparus. Ce n’est pas anormal et, pour comprendre pourquoi, il suffit de savoir à quoi correspondent exactement ces noms.

En fait, il ne s’agit pas exactement d’un support qui est monté, mais d’une partition : si votre carte SD est découpée en plusieurs partitions, vous devriez avoir autant de lignes qui apparaissent.

Nous voulons le nom de notre carte SD, et non pas celui des partitions. Nous pouvons cependant extraire le nom de la carte depuis le nom de ses partitions. C’est même très simple : si vous avez des partitions comme /dev/sdd1, alors le nom de votre carte est /dev/sdd. De même, si vous avez /dev/mmcblk0p1, alors son nom est /dev/mmcblk0. Dans tous les cas, il suffit de retirer la partie numérotée à la fin, qui détermine en réalité le numéro de la partition listée. Gardez bien ce nom dans un coin, il nous servira dans la suite.

Avant toute chose, nous allons devoir démonter les partitions contenues dans votre carte SD. Cela peut se faire en ligne de commande, via le programme umount qui s’utilise de façon très simple comme ceci : umount nom/de/la/partition. Par exemple : umount /dev/sdd1. Faites ceci pour toutes les partitions de votre carte SD. Vous pouvez vérifier que ça a bien marché avec un nouveau coup de df -h : les partitions démontées ont disparu de la liste.

Nous allons maintenant passer aux choses sérieuses en installant l’image téléchargée plus haut. Si vous aviez des choses sur votre carte SD, pensez à les récupérer puisque nous allons tout écraser. Nous utiliserons pour cela la commande dcfldd. Vous pouvez également choisir le programme dd mais dcfldd a l’avantage de nous offrir un moyen de connaître l’avancement de l’écriture de l’image, ce qui peut s’avérer pratique puisque c’est assez long. Commencez donc par installer dcfldd sur votre machine si vous ne l’avez pas encore.

Utiliser dcfldd n’est si sorcier que ça en a l’air puisqu’il suffit de lancer la commande qui suit.

dcfldd if=/chemin/vers/le/fichier/image.img of=/chemin/vers/la/carte/sd bs=4M sizeprobe=if statusinterval=4

Par exemple, voici la commande que j’utilise pour copier Raspbian :

dcfldd if=/home/jeremy/Telechargements/2014-06-20-wheezy-raspbian.img of=/dev/sdd bs=4M sizeprobe=if statusinterval=4

Attention cependant : il faut lancer la commande en mode root (avec sudo par exemple). Faites surtout très attention au nom de la sortie (of) : indiquer un mauvais chemin peut avoir pour conséquence d’écraser votre propre système, sur votre ordinateur. Comme ce serait plutôt fâcheux, assurez-vous d’avoir bien récupéré le nom de votre carte SD.

Une fois la commande lancée, vous devriez voir la progression s’afficher. Le paramètre if sert à indiquer le fichier source, tandis que le paramètre of demande l’endroit où écrire. Le paramètre bs permet de découper les blocs écrits, ce que vous pouvez modifier (mais une valeur de 4M fonctionne normalement bien partout). Les paramètres sizeprobe et statusinterval déterminent respectivement où chercher la taille totale du fichier et à quelle fréquence mettre à jour la progression. Ils ne servent tous les deux qu’à l’affichage de cette progression.

On a bientôt fini. Lancez maintenant la commande sync qui va permettre de s’assurer que le cache d’écriture est vide. Vous pouvez ensuite retirer la carte SD en tout sécurité, l’intérêt de la commande sync étant d’être sûr qu’on ne risque pas d' »oublier » des données au passage.

L’installation est désormais terminée ! Pour la suite, rendez-vous à la dernière partie.

Installer un système sur le Raspberry Pi sous Windows

Il existe plusieurs outils sur Windows qui vont nous permettre de parvenir à nos fins. Nous allons ici en présenter deux, le premier utilisant une interface graphique et l’autre, une interface en ligne de commande. Vous pouvez choisir celui qui vous convient, le résultat sera le même. Sachez cependant que l’outil graphique n’a jamais voulu détecter ma carte SD, et c’est pourquoi j’ai dû rechercher un second outil qui a lui fonctionné sans sourciller.

Que vous utilisiez l’un ou l’autre des outils, vous allez devoir passer par une première étape : la récupération du nom du disque à viser. Autrement dit, la lettre qui correspond à votre carte SD (E:, G:, etc.). Ce n’est pas spécialement compliqué puisqu’il suffit d’insérer la carte SD et d’ouvrir l’explorateur de fichiers. Allez par exemple dans « Ordinateur » et vous y verrez votre carte SD.

Si vous ne parvenez pas à la repérer facilement, n’hésitez pas à la déconnecter, regarder la liste des disques présents, et reconnecter la carte ensuite : le nouveau disque apparu est votre carte, tout simplement ! Faites bien attention à avoir la bonne lettre pour votre carte SD, et n’hésitez pas à vous en assurer plusieurs fois : un mauvais choix de lettre pourrait tout simplement vous faire perdre toutes vos données !

Win32 Disk Imager

Win32 Disk Imager est probablement l’outil que vous préférerez essayer en priorité puisqu’il utilise une interface graphique, ce qui est toujours plus agréable que la ligne de commande. Surtout sous Windows.

Visitez donc la page officielle du projet pour y télécharger l’installateur de Win32 Disk Imager. Une fois ceci fait, installez le logiciel. Il n’y a ici rien de spécial à faire, il s’agit d’une installation classique.

Le logiciel est maintenant disponible dans la liste de tous vos programmes, retrouvez-le et lancez-le. À côté du champ « Image File« , vous trouverez une icône permettant de naviguer dans vos fichiers : cliquez dessus et sélectionnez le fichier .img téléchargé précédemment. Dans « Device« , sélectionnez la lettre correspondant à votre carte SD, et cliquez ensuite sur « Write« . Attendez, et c’est fini !

Win32 Disk Imager

Si vous ne trouvez pas la lettre recherchée dans la liste « Device« , tentez de lancer Win32 Disk Imager en mode administrateur via un clic droit sur le nom du logiciel dans la liste des programmes. Si ça ne fonctionne toujours pas, il faudra malheureusement vous rabattre sur la seconde solution.

flashnul

Retrouvez le logiciel sur sa page officielle et téléchargez-y la dernière version. Décompressez l’archive obtenue et placez-la où bon vous semble sur votre disque dur : flashnul ne nécessite aucune installation.

Histoire de faciliter les choses, retrouvez votre fichier .img précédemment téléchargé et déplacez-le dans le dossier de flashnul. Ce n’est pas obligatoire mais ça simplifiera grandement les choses quand il faudra le retrouver en ligne de commandes.

Ouvrez maintenant une invite de commandes que vous trouverez dans le dossier « Accessoires » de la liste de tous les programmes. Dans cette nouvelle interface austère qui s’offre à vous, naviguez vers le dossier contenant flashnul (celui qui contient le fichier flashnul.exe). Pour ce faire, utilisez la commande cd. Par exemple, je retrouve mon dossier avec cd C:\Users\Jérémy\Downloads\flashnul-1rc1.

Commencez ensuite par exécuter la commande flashnul.exe -p qui aura pour effet de vous afficher la liste des disques disponibles. Vous devriez y retrouver la lettre retrouvée plus haut.

flashnul

On passe maintenant à l’écriture à proprement parler via la commande flashnul.exe E: -L nom_du_fichier.img où vous devrez remplacer E: par la lettre correspondant à votre carte SD, bien sûr. Le fichier venant après l’option L est, comme vous vous en doutez, le fichier .img contenant la distribution téléchargée. Si vous n’avez pas placé ce fichier dans le dossier de flashnul, vous devrez ajouter à ce nom le chemin complet permettant de le retrouver.

Le programme vous montre ensuite l’avancement du travail et, après quelques minutes, tout est bon !

Si flashnul n’a pas réussi à écrire sur la carte SD en vous indiquant qu’il n’avait pas le droit de le faire, ne paniquez pas, c’est contournable ! Comme pour Win32 Disk Manager, plutôt que d’ouvrir l’invite de commandes normalement, faites un clic droit sur son nom dans la liste des programmes et choisissez de l’exécuter en administrateur, ce qui devrait résoudre le problème.

Installer un système sur le Raspberry Pi sous Mac OS

Comme sous Linux et Windows, il existe plusieurs méthodes pour installer une distribution sur un Raspberry Pi depuis Mac OS. Nous passerons ici par la ligne de commandes.

Commençons déjà par retrouver le nom de notre carte SD, celui qui permet d’y accéder. Pour cela, dans un terminal, tapez la commande df -h. Si vous ne parvenez pas à repérer votre carte SD, déconnectez-la, relancez la commande, reconnectez à nouveau la carte, et lancez une nouvelle fois la commande : la ligne nouvellement apparue est votre carte SD. Assurez-vous qu’il s’agisse bien de votre carte : mieux vaut être prudent, une erreur peut entraîner la perte de votre système !

Si plusieurs lignes sont apparues, cela signifie qu’il y a plusieurs partitions sur votre carte SD. Ce n’est pas bien grave, puisque ce que nous recherchons n’est pas le nom d’une partition mais celle de la carte SD.

Ainsi, vous devriez trouver des noms comme /dev/disk0s1. Pour en extraire le nom de la carte SD, c’est très simple : il suffit de retirer l’identifiant de la partition et de rajouter ‘r‘ devant l’identifiant. Ainsi, si dans ma liste j’ai /dev/disk0s1, alors le nom de ma carte SD est /dev/rdisk0.

Il faut maintenant démonter la carte SD. Pour cela, lancez la commande sudo diskutil unmount /dev/disk0s1 où vous aurez pris soin de remplacer le dernier paramètre par la partition apparue dans df -h. Ici, nous utilisons bel et bien le nom de la partition et non pas celui de la carte, attention ! Si vous avez plusieurs partitions sur votre carte SD, démontez-les toutes. Vous pouvez vérifier que tout a bien été démonté en lançant une nouvelle fois df -h qui ne montre pas les partitions démontées.

Lancez ensuite la commande suivante :

sudo dd bs=1m if=/chemin/vers/le/fichier/image.img of=/chemin/vers/la/carte/sd

où vous devez remplacer la valeur du paramètre if par le chemin menant au fichier image de la distribution choisie et la valeur du paramètre of par le nom de votre carte SD retrouvé précédemment. Par exemple, voici la commande que j’ai utilisée après m’être placé dans le dossier contenant mon fichier image :

sudo dd bs=1m if=2014-06-20-wheezy-raspbian.img of=/dev/rdisk0

Encore une fois, faites bien attention à choisir le bon nom de disque : on ne vous demandera aucune confirmation !

Le programme dd a le fâcheux défaut de ne pas montrer l’avancement de son travail qui peut prendre un certain temps (quelques minutes). Si vous souhaitez voir comment avance l’écriture, il vous faudra passer par d’autres programmes. Par exemple, dans la section Linux, nous avons utilisé dcfldd : sachez qu’il est tout à fait possible de l’installer sous Mac OS et que son utilisation n’y diffère pas, hormis le nom du disque sur lequel il faut écrire, bien sûr. Vous pouvez donc aller faire un tour dans la section Linux pour utiliser dcfldd si vous le souhaitez.

Une fois l’image installée, lancez la commande sudo diskutil eject /dev/rdisk0 en remplaçant encore une fois le dernier paramètre par le nom de votre carte SD. Vous pouvez ensuite retirer votre carte SD en tout sécurité : félicitations, vous avez fini !

Et après ?

Comme vous pouvez le constater, installer un système d’exploitation sur le Raspberry Pi n’est pas aussi compliqué qu’on aurait pu le penser au premier abord. C’est même plutôt simple et rapide en fait. Tout ce qu’il nous reste à faire, désormais, c’est insérer la carte SD dans le port qui va bien sur le Raspberry Pi lui-même et lancer la bête.

Connectez un écran, un clavier et, éventuellement, une souris, branchez l’alimentation et installez-vous confortablement : c’est parti !

La suite dépend de la distribution choisie, donc nous en avons fini avec ce tutoriel : le reste n’est que paramétrage et doit normalement être documenté sur les sites officiels des projets. Nous verrons cependant comment paramétrer efficacement certaines distributions dans des articles dédiés. À bientôt, du coup !

Mots-clés : Raspberry PiTutoriels
Jérémy Heleine
Étudiant en maths, Jérémy est un passionné qui touche un peu à tout, et plus particulièrement au développement web et à l'actualité high-tech qu'il partage avec vous sur la Fredzone et ici-même.

3 commentaires

  1. jai un problème, il me dit ca une fois que jai fait la commande sudo diskutil unmount /dev/disk0s1 (je suis sur mac)… To proceed, enter your password, or type Ctrl-C to abort.

    Password:

    Je ne sais pas quoi faire, aider moi SVP! merci d’avance

  2. bonjour
    je pense avoir trouvé un logiciel de copie binaire FreeFileSynch Opensource et multiplateforme, est ce qu’il fonctionnerait sur un Raspberry PI via Unbutu Mate ?? , impossible de trouver une info sur le net, donc un grand merci aux personnes qui pourraient me répondre (je pose la question avant de me lancer car je sais que Wine ne marcherait pas par exemple sur RBPI via MATE, donc à quoi bon) MERCI BCP ! »

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